jeudi 26 juin 2008

Les géants de Loco Locass !

Vous connaissez déjà mon admiration sans borne pour Loco Locass. J'ai été vraiment soufflé par la performance de Biz, Batlam et Chafik lors du spectacle de la Fête Nationale au Parc Maisonneuve de Montréal. Le texte de Loco Locass lu et chanté par Emmanuel Bilodeau et nos valeureux patriotes demeurera un grand moment des fêtes nationales.

"Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants ?" À elle seule cette phrase a de quoi secouer le canayen.

Voici la vidéo de cette prestation et le texte intégral de l'oeuvre. À lire, à méditer, à diffuser et à se secouer le papotin comme disait Monsieur.




Les Géants - Loco Locass

Nous sommes issus d'un sol immense, qui nous a tissés métissés
Rebus de brins de laine tressés très serré
Sans couture au sein d'une ceinture fléchée
Comme quelque queue clinquante de comète effilochée
Et si l'on suit le fil de notre texte il
Mène à la sortie du labyrinthe de Pan
Qui nous éreinte depuis qu'ils ont mis nos torts dedans
Ils ont conquis nos territoires, pillé notre histoire et volé notre mémoire
Avec leurs thèses de fous, ils nous ont dit: «Taisez-vous!
Vous ne valez pas 10 sousVous n'êtes pas vous, vous êtes nous
Vous êtes dissous
Notre substrat vous subsume et la comparaison vous consume»
Faux! Nous venons d'avant
Nous sommes antérieurs
Nous sommes des créateurs, pas des créatures, pas des caricatures
Notre maison n'a pas de cloisons
Mais quatre saisonsAcclimatés au climat
Et faisant fi du frimas
Nous avons parcouru par ses artères tout un continent titan
Notre espèce aspire à l'espace et son empreinte est partout
Tapie dans la toponymie
Gravée dans le granit, égrainée sur la grève
Arc-boutée dans les arches de nos dingues digues dignes de la muraille de Chine
Dans les champs essouchés sous la lune
Et les racines d'un hêtre qui ne peut plus plier
C'est une histoire riche qui n'est sur aucune affiche
Et qu'on a laissée en fricheDans nos caboches, ce n'est que roches et fardoches
Cosmogonie à l'agonie
Dans le tome fantôme du grimoire d'une mémoire moisie
Sur nos épaules on porte pourtant le pack-sac d'un passé épatant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?
Sitôt venus au Nouveau Monde
On a dompté les hivers et fabriqué de la terre
On avait la tête à la fête et le coeur au labeur
Opiniâtres, on n'a jamais laissé mourir le feu dans l'âtre
Car nous avons la tête à Papineau
La longue langue agile de Da Costa
Le coeur-corsaire de d'Iberville
Qui envoie en nos veines
Le pur-sang mêlé-mêlé de Riel et des Premières Nations
Nous avons l'aviron de Radisson, la vigueur de la Vérendrye
Les jarrets de Jolliet et tous les talents de l'intendant Talon
En somme, nous sommes des surhommes uniques
Générés par le génie génétique de l'Europe et de l'Amérique
Inéluctablement, nous voguons vers le néant
Mais allons-nous mourir en nains quand nous sommes nés géants?
Opaque, il faut qu'enfin notre épopée éclate
C'est sans équivoque, cette Histoire est pleine et craque
Loco Locass la provoque de son verbe épique: les eaux sont crevées
Et tombent en trombes et forment une flaque, que dis-je, une flaque
C'est comme un lac à nos pieds
Le col se dilate
Le sol s'écarquille
Pour laisser monter un corps en forme d'ogive
C'est le chaos qui «paaaaaasse» dans le chas d'une aiguille
C'est un cri qu'on pousse, un coeur qui pulse
Celui d'un peuple qu'on accueille ou qui frappe un écueil
Dans l'oeil du cyclone, chaque seconde en vaut quatre
Nous rapproche d'un miracle
C'est un spectacle sans entracte
Mais gare à l'arrêt cardiaque
Entre la mort et la vie
L'arrivée d'un homme comme lors d'un référendum
Un peuple oscille entre le rien et tout ce qui brille
Je pose des mots garrots gare au flot hémorragique
Ô ma rage gicle par tous les pores de mon coeur spongieux
Sur ce son long jeu conjure ma mortelle nature
Et nous disons que la parole est une sage-femme
Qui tire des limbes un monde à naître
Fort de cette maïeutique aux forceps
Le poète nomme enfin celui dont il voit poindre la tête:
QUÉBEC!

mardi 24 juin 2008

La sortie du placard !

Hier, j'étais à l'entrée des Plaines d'Abraham (appelées aussi le Parc des Champs de Bataille où nous nous sommes fait pleumer il y aura 250 ans l'an prochain) afin d'y distribuer un tract pour faire la promotion d'une activité que le Collectif Québec 1608-2008 tiendra le 3 juillet prochain à l'occasion de l'anniversaire de la fondation de Québec. Je reviendrai sur cet évènement cette semaine.

Quelle ambiance il y avait sur la Grande-Allée, devant l'Assemblée Nationale et dans tous le secteur. J'imaginais ce que ce serait un soir de victoire du OUI à un référendum.

Le seul bémol, en ce qui concerne cette ambiance, vient des abus qui l'entoure. Il n'était pas 21 heures que déjà une bonne majorité des personnes présentes titubaient à qui mieux mieux. Chacun et chacune avait moult provision de houblon en canettes et d'autres boissons alcooliques; et je ne parle pas des autres substances qui ne se boivent pas mais qui rendent inconscient tout être humain.

Me semble qu'on peut fêter le Québec à jeun et sans avoir un mal de bloc le lendemain.

Me semble aussi qu'on devrait célébrer le Québec à tous les jours de l'année et non seulement le 23 et 24 juin. Où sont ces drapeaux, que l'on voit à profusion lors de la Fête Nationale, le lendemain de la fête ? Pourquoi les cacher dans la garde-robe 363 jours par année ? Par gêne, par honte ou par peur ? Un peu des trois je crois !
J'entends encore, régulièrement, des personnes ayant peur d'afficher les couleurs du Québec par crainte de se faire vandaliser. Une plaque fleurdelysée ou un autocollant sur mon pare-brise d'automobile: "Vous n'y pensez pas, je vais me faire briser ma voiture". Un drapeau du Québec sur mon balcon: "Je fais me faire casser mes vitres". Croyez-moi j'entends ces objections régulièrement. Encore un vieux fond de colonisés. Les États-Uniens et les Canadiens ont-ils ces craintes ? Mais non, ils peuvent être nationalistes eux car ils ont un pays. Ceux et celles qui sont allés outre-frontières le savent, on peux voir pratiquement un drapeau à chaque maison.
Bonne Fête Naionale et afficher vos couleurs sans peur et avec fierté 365 jours par année!

vendredi 20 juin 2008

Pourquoi j'aime le Québec ?

Patrick Lagacé, dans son blog sur Cyberpresse pose la question "Pourquoi aimez-vous le Québec ?" Il fera un article lundi prochain (voici l'article) en prenant les meilleures réponses. Il demande de le surprendre. Écrivez-lui ! Plusieurs réponses de ses lecteurs sont intéressantes. On voit bien que l'idée fondamentale de l'indépendance nationale n'est pas morte. Avez-vous remarqué la même chose que moi autour de vous ? On voit de plus en plus de drapeaux du Québec, sur les autos, sur les balcons, sur les terrains.

Moi, j'aime le Québec parce qu'il m'habite au plus profond de mon être. J'aime le Québec et ses habitants parce que je sais qu'un jour, pas trop lointain, nous prendrons la décision d'en faire un pays, un vrai pays. Connaissant les Québécois, nous aurons un pays qui fera l'envie de plusieurs autres. Un pays qui saura partager ses valeurs pour le bien du Monde. Soumaïla Keita, un ami africain, venu à Montréal pour une session de formation en éducation à l'UQUAM, me l'affirmait un jour de février 2004: "Le Québec, n'ayant pas de passé colonisateur, sait transmettre ses connaissances sans arrière-pensées et sans rien attendre en retour. Vivement qu'il fasse partie du concert des Nations". Il ne comprenait pas que nous soyons si bretteux en ce domaine et se demandait si nous aurions un jour le courage d'aller jusqu'au bout. Il est malheureusement décédé avant que nous ayons eu ce courage. Avoir la détermination d'aller jusqu'au bout de nos rêves c'est le voeux que je nous souhaite en cette fin de semaine de la Fête Nationale.

mardi 17 juin 2008

Le Groupe pour la souveraineté et la gouvernance nationale !


Youppi ! Madame Marois a annoncé aujourd'hui le début des travaux du Groupe pour la souveraineté et la gouvernance nationale dont elle nous avait parlé il y a quelques semaines.

Vous pouvez lire ici le communiqué publié aujourd'hui et dont tous les membres du Parti Québécois ayant un courriel connu ont reçu copie cet après-midi.

C'est une très bonne nouvelle et il faudra, une fois ces grandes orientations acceptées cet automne, prendre le relai dans nos circonscriptions et faire de l'action politique directe auprès des citoyens et citoyennes. Le débat, un vrai débat, sur la souveraineté du Québec doit êre relancé et illustré de faits de la vie quotidienne. En quoi le Québec serait plus prospère, plus solidaire, plus fier, plus vert, plus toutte une fois indépendant comme toute nation qui se respecte.

Je vous cite une partie du communiqué qui me fait souverainement saliver:

"Concrètement, le Groupe, qui mobilise des personnes issues de tous les horizons et de
tous les milieux de la société québécoise, aura le mandat de coordonner 12 équipes qui
soumettront des argumentaires en réponse à leurs mandats respectifs :
1. sur la rédaction d’un Manifeste sur la souveraineté;
2. sur la concertation nationale des partenaires de la souveraineté;
3. sur l’institution d’une citoyenneté québécoise;
4. sur le renforcement du statut de la langue française;
5. pour la protection et la promotion de la culture québécoise;
6. sur le renforcement de l’enseignement de l’histoire nationale du Québec;
7. sur l’intégration et l’accueil des immigrants;
8. sur la lutte contre le racisme et la discrimination;
9. sur le rapatriement des pouvoirs et des crédits;
10. sur la décentralisation politique du Québec;
11. sur le dialogue avec les Premières nations et la nation inuite;
12. sur l’intensification des relations internationales du Québec.

Ces équipes de travail, qui mobilisent plus de 75 experts de la société civile, de l’aile
parlementaire et des milieux académiques, se réuniront tout l’été et les rapports qu’ils
produiront seront rendus publics à la conférence nationale des présidents et
présidentes prévue pour octobre prochain."

Vous ne pouvez pas savoir comme je suis heureux !