lundi 12 janvier 2009

Pourquoi nous haïssent-ils ?

"Et nous nous demanderons pourquoi ils nous haïssent". Voilà le titre de l'article de Robert Fisk, reporter au Moyen-Orient pour le quotidien britannique The Independant. Vous en trouverez la traduction sur le site de ContreInfo.

Je me posais la même question, la semaine dernière, en sortant du cinéma Le Clap après avoir vu l'excellent film d'Ari Folman Valse avec Bashir qui vient de remporter, à juste titre, le Golden Globe du meilleur film étranger.


Il ne faut sûrement pas penser que l'arrivée du nouveau président américain Barack Obama boulversera l'ordre mondial et fera en sorte que des conflits aussi absurdes et récurrents que ceux entre Israël et ses voisins seront solutionnés dans la paix; ce serait trop simple.
Il me semble tellement évident que ce genre de conflits ne fait qu'augmenter le nombre de citoyens qui haïssent les Américains et leurs alliés et rêvent de vengeance.

dimanche 11 janvier 2009

Changer le monde !

Il y a des gestes que l'on pose et qui nous marquent pour la vie. Des actions collectives auxquelles on collabore et qui orientent, en quelque sorte, le cours d'une existence. Il y a quarante ans, aujourd'hui, je participais, avec une cinquantaine de camarades, à l'occupation du Pavillon des Sciences de l'Université de Moncton. Cette occupation a duré 8 jours mais elle est encore très présente dans mon esprit.

Natif de Québec, à la fin des mes études "collégiales"(même si les CEGEP n'étaient pas encore mis sur pied) j'ai choisi de m'inscrire à l'Université de Moncton pour y poursuivre des études universitaires en économie. Ce n'était pas vraiment un choix puisque c'était la seule université francophone acceptant des étudiants qui, comme moi, avaient complété une treizième année commerciale. De ma première année universitaire en 1967-1968 je ne souviens plus très bien si ce n'est que je passais plus de temps aux activités parascolaires que scolaires en plus des abus de bières quasi quotidiens. Une grève étudiante en février '68 qui a duré quelques semaines au auquel j'ai participé bien sûr; quelques manifestations dans les rue de Moncton et auprès du Maire Jones de l'époque afin de réclamer plus de place pour le français dans cette ville unilingue anglophone et orangiste. Les notes n'étant pas au rendez-vous je demandai, à la fin de cette année scolaire, aux autorités de l'Université de me réorienter vers la sociologie pour une nouvelle inscription en 68-69.

Cette année universitaire fut pire que la précédente pour les absences aux cours. J'étais impliqué, jusqu'au cou au ciné-club et aux activités politiques de l'association étudiante. C'était bien sûr la bataille des Acadiens mais, comme Québécois, je me sentais touché par ce combat pour la survie d'une nation.

À l'automne 1968, l'idée d'occuper le Pavillon des Sciences de l'Université nous vint à l'esprit. C'était un grand coup ! Une opération bien menée. Nous avions les plans détaillés du bâtiment et nous nous sommes préparé de longue main dans le plus complet silence. À la surprise générale, le samedi soir 11 janvier la cinquantaine d'étudiants et d'étudiantes qui étions dans le coup prenions d'assaut cet édifice après en avoir expulsé le gardien et subtilisé son trousseau de clefs.


Barricadé et prêt pour un long siège nous réclamions des Gouvernements provincial et fédéral qu'ils investissent des sommes considérables à cette université francophone qui était le parent pauvre des études supérieures au Nouveau-Brunswick. Ces évènements de 1968-1969 ont été immortalisés dans un documentaire de Pierre Perreault et Michel Brault: L'ACADIE, L'ACADIE ! Je viens d'ailleurs de le commander à l'ONF et les images ce message en sont tirées.

Autour d'un leader fort et charismatique, Michel-Vital Blanchard, nous avons résisté pendant huit jours et huit nuits jusqu'à ce que la police, à la demande de l'administration de l'Université, vienne nous expulser paisiblement en nous promettant qu'il n'y aurait aucune accusation. On ne peut pas dire que les étudiants de l'Université ont fait corps avec notre mouvement; ils avaient plutôt hâte qu'on cesse nos niaiseries. Reste que je suis persuadé que cette action d'éclat a aidé à faire en sorte que l'Acadie est plus fière que jamais de ses racines et qu'elle a donné du courage aux résistants que sont les Acadiens.

À la fin de cette année scolaire, l'Université de Moncton a décidé d'abolir le Département de Sociologie parce qu'on y trouvait des étudiants et des professeurs trop engagés (vous trouverez ici un document intéressant sur l'historique de la fermeture de ce département et sur notre lutte à l'Université). Pour ma part, je recevais, vers le mois de juillet, une lettre de la Direction de l'Université m'interdisant de me présenter à nouveau sur le campus sous peine de poursuite. Une dizaine d'étudiants mêlés de près à cette action ont aussi été expulsés de l'Université. Je me suis donc inscrit à la toute jeune Université du Québec à Montréal mais je suis tombé en pleine mobilisation contre le "Bill 63" , les suites de McGill français et St-Léonard, l'émeute de Murray Hill et la crise d'octobre l'année suivante. Comment voulez-vous étudier dans de telles circonstances ?

J'ai réalisé, à l'Université de Moncton, que ma vie en serait une de militant. Pour l'Indépendance du Québec d'abord mais aussi pour la langue française, l'histoire nationale et le patrimoine d'où mon engagement envers le Parti Québécois et les mouvements citoyens indépendantistes. Militant aussi pour le faible, l'exploité, le soumis contre le fort; militant contre les Monsanto et Wall Mart de ce Monde d'où mon engagement, entre autre, chez Équiterre; militant contre les guerres, les atteintes aux droits de la personne et la violence sous toutes ses formes chez Aministie Internationale.

Je voulais partager, avec vous, ce retour vers le passé loin d'être nostalgique. Si l'on veut que les choses changent, il faut MILITER bon yenne !

jeudi 1 janvier 2009

On termine l'année 2008 autour du Canadian Flag !

Pour faire suite à mon article d'hier cette photo vaut plus de 1000 mots. Les organisateurs des célébrations du 400e de Québec ont choisi la Place George V pour l'activité de clôture du 31 décembre. Un beau drapeau du Canada illuminé flotte au centre de la foule. Gang de colons !

mercredi 31 décembre 2008

Je me souviens.............de quoi au juste ?

(Vous pouvez lire les messages d'autres blogueurs qui participent
à 400 ans-400 blogues ici)
Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ! Dans quelques heures l'année 2008 sera chose du passé. Le 400e anniversaire de la fondation de Québec, notre capitale nationale, aurait dû et aurait pu être un moment fort dans la prise de conscience populaire de qui nous sommes et de ce nous voulons comme avenir. Au lieu de cela nous avons assisté à une avanlanche de spectacles, sans liens entre eux, dans le but d'amuser la foule. Et la foule a aimé ! 97% des Québécois sont satisfaits des festivités du 400e. Je dois être dans le 3% restant.

Je dois être dans le 3% qui aurait voulu des fêtes avec un sens. Par exemple, une activité de lancement le 31 décembre 2007 où il n'y aurait pas eu, entre autre, "the Pascale Picard Band" ni les chants latino mais plutôt un spectacle qui aurait donné le ton de l'année qui s'en venait.

J'aurais voulu palper, dans le cours de cette année de festivités, le courage dont ont fait preuve nos ancêtres qui ont construit ce pays. Le courage des premiers colons ayant affronté un froid comme ils n'en avaient jamais ressenti . J'aurais aimé réaliser l'expansion de la Nouvelle-France jusqu'au Golfe du Mexique et la vie des fondateurs de plusieurs grandes villes américaines. J'aurais apprécié pouvoir revivre la guerre de la conquête de 1759, le désarroi des colons de la Côte-du-Sud obligés de se réfugier dans les bois, leurs maisons et bâtiments de fermes ayant été incendiés par les Anglais; la Ville de Québec détruite en grande partie; les chambardements amenés par les nouveaux Maîtres du pays.

J'aurais aimé savoir comment les habitants de la Ville Québec ont vécu la révolte des patriotes de 1837, la création du Canada, la première et la deuxième Guerre Mondiale où nous avons été obligés de participer de force. Le Moulin à Images de Robert Lepage nous a fait revivre un peu de ces éléments mais jamais en profondeur.

Bien sûr que les Fêtes de Québec ne pouvaient pas qu'être un gand livre d'histoire. Il fallait aussi un volet culturel et festif. Un volet culturel qui réflétait notre image toutefois. Ce ne fut pas le cas, ou si peu. Un gros Festival d'Été oui, mais un mauvais Festival d'Été. J'ai l'habitude de venir passer les 15 jours du Festival à Québec depuis de nombreuses années. Cette année, je n'ai même pas acheté mon macaron. La programmation étant sans intérêt pour moi. Je ne pense pas qu'il y ait eu tant de spectacles en anglais que cette année.

Pour terminer, parlons de l'évacuation totale de nos symboles nationaux des Fêtes entourant la fondation de Québec et du Québec. Une série de rubans multicolores (sauf le bleu bien sûr) qui s'entremêlaient; des fanions de même teintes délavées mais le drapeau officiel de la Ville de Québec: Non!; le drapeau du Québec: Non !

Le Gouvernement Fédéral a mis la main sur l'organisation et sur l'orientation de ces Fêtes avec la complicité du Gouvernement du Québec et de la Ville de Québec. Il fallait que les Québécois ne se souviennent d'où ils viennent si l'on veut contrôler où ils vont.
Nous ne sommes que 3% à voir quelque chose qui cloche et c'est ce qui me chagrine le plus. La bataille pour la création d'un pays nommé Québec, qui fut celle me ma vie, serait-elle perdue ? Serait-il trop tard pour reprendre en main notre destinée ? Parfois, je fais mienne la belle chanson de Paul Piché: Chu pas mal mal partie pour sauver mon pays........!

Mais maudit y m'auront pas moi non plus. Jusqu'à ma mort, s'il le faut, je me battrai (même si la bataille semble perdue) pour que mes enfants et mes petits-enfants puissent vivre dans un pays bien à eux. Un pays de langue et de culture française sans complexe. Un pays ouvert sur le Monde. Un pays qui partage ses richesses entre ses citoyens et qui s'assure que tous ont une chance égale de s'épanouir. Un pays qui prend soin de ses jeunes comme de ses vieux. Un pays qui s'assure de ne pas dégrader la Terre où nous habitons et qui fait des choix énergitiques responsables.
Vive le Québec Libre !