mardi 5 août 2008

Cap sur les grands espaces !

Notre Premier Ministre, monsieur Jean Charest semble éprouver un certain plaisir, même un plaisir certain à jouer dans la cour des grands ces temps-ci. Gilbert Lavoie y va d'un papier sur le sujet dans Le Soleil de ce matin intitulé "Cap sur les grands espaces!".
"Jean Charest ne se contente plus d’être le premier ministre d’une province. Il se comporte comme un chef d’État qui veut occuper sa place dans le monde."

Comme souverainistes on ne peut que l'encourager d'aller dans ce sens. Plus les Québécois verront qu'ils ont une contribution à apporter au Monde, plus ils se rendront compte que, comme province, on ne peut que faire semblant de jouer dans la cour des grands, plus ils en redemanderont et voudront exercer, comme collectivité, tous les pouvoirs d'un État souverain.


Avez-vous bien lu la citation sur la photo d'ouverture du message tirée du poème de Fernando Pessoa: Bureau de tabac. Elle résume le passé, le présent et l'avenir du Québec à elle seule.


Je ne suis rien.
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.

lundi 4 août 2008

Ce qu'il restera de nous !

Je m'inquiète grandement du sort de la langue française et de la culture québécoise par les temps qui courent. Au sortir d'un spectacle de Kevin Parent (excellent) au Moulin du Portage hier soir j'ai fait un brin de causette avec certains de mes voisins, jeunes agriculteurs. La fille de l'un d'eux arrivait de Victoria où elle était allé pour faire une immersion en anglais. La conversation a rapidement pris le chemin de l'apprentissage de l'anglais comme langue seconde dans nos écoles publiques.

Ces parents déploraient de ne pouvoir envoyer leurs enfants à l'école anglaise. "Ces dispositions de la loi 101 doivent changer pour nous laisser le libre choix" disent-ils. Venant de personnes aux opinions politiques conservatrices et adéquistes nous n'avons pas à nous surprendre. Toujours l'individuel avant le collectif ! Mais je pense sincèrement qu'un jour des dirigeants politiques opportunistes voudront les satisfaire et accorderont l'ouverture à l'école anglaise pour tous si désiré. Ce serait alors le commencement de la fin pour notre nation.

Mais que veulent ces parents finalement ? Ils veulent que leurs enfants soient bilingues, sinon multilingues. On voit bien, comme parents, que nos enfants baragouinent l'anglais après une dizaine d'années d'apprentissage à l'école. Mon petit-fils, Francis, a commencé son apprentissage de l'anglais l'année dernière............il était en première année du primaire. Ridicule !

Avec mes voisins agriculteurs, j'ai testé la proposition du Parti Québécois de suspendre l'enseignement de l'anglais pendant les 5 premières années du primaire, sinon durant tout le cycle primaire et d'y aller d'une période intensive d'immersion durant une session complète. L'idée a semblé plaire ! Venant d'un parti souverainiste qui, à leurs yeux, veut couper le Québec du reste du Monde, l'idée surprend même. Ce serait, probablement, une solution qui permettrait d'éviter la mise au rancart des dispositions de la loi 101 concernant l'inscription des enfants à l'école anglaise. Une idée qui plaît aussi aux parents concerne l'apprentissage d'une troisième langue. Il faudra, là aussi, montrer beaucoup d'ouverture et offrir des programmes d'apprentissage des langues modernes.

Toutefois, il ne faut pas relâcher la rigueur pour ce qui est de la connaissance parfaite du français comme langue nationale. Avant d'avoir droit à un programme d'immersion en une autre langue, il faudrait que l'élève passe un test de français sans faute. Certaines mauvaises langues, lectrices de ce blog, me feraient sans doute la remarque que je ne passerais pas le test à 100 %; je le sais mais j'essaie de m'améliorer.

dimanche 3 août 2008

Ce qu'il reste de nous !


Le pari est risqué mais les auteurs du film très touchant "Ce qu'il reste de nous !" ont pris la décision de lever les restrictions qui entouraient la projection de ce film, de le laisser diffuser à la télévision de Radio-Canada ce soir et de le sortir en DVD. Quand j'ai vu ce film au CLAP il y a quelques années, il y avait des agents de sécurité à la porte du cinéma qui fouillaient dans nos sacs afin de s'assurer que personne ne pirate la projection. Ces mesures de sécurité étaient nécessaires afin de protéger de représailles possibles les tibétains apparaissants dans le film. Depuis 1995, il est en effet formellement interdit d'avoir même en sa possession une image du Dalaï-Lama.
Semblerait maintenant qu'il vaut mieux profiter des Jeux Olympiques pour faire connaître la situation au Tibet au risque de faire mettre de pauvres innocents en prison. Quand je lis la propagande chinoise et celle du Parti Communiste Révolutionnaire sur le Dalaï-Lama et sur le Tibet je ne crois pas que le risque en vaille la chandelle. Le documentaire se retrouvera rapidement entre les mains de la police secrète du régime chinois et les "coupables" seront punis. Je suis persuadé que François Prévost et Hugo Latulippe, les coréalisateurs n'ont pas en tête la relance d'un film oublié ou les quelques sous empochés par la vente de quelques DVD en revenant sur leur décision de lever les mesures de sécurité entourant le film. Mais le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Quoiqu'il en soit, ne gâchez pas votre plaisir et regardez ce très beau documentaire ce soir à la télé d'État.

samedi 2 août 2008

L'Organisation Mondiale du Commerce-Un échec souhaitable !

Je crois que c'est la nouvelle de la semaine. L'OMC n'a pas été capable d'en venir à une entente après des jours et des jours de négociations derrière des portes closes; voilà qu'arrive la fin de l'hégémonie des pays riches qui pouvaient décider ce qui était bon pour le Monde; exit les théories mercantiles de l'Institut Économique de Montréal; enfin le début d'un temps nouveau à mon avis. Dans Le Devoir de ce samedi, nous retrouvons un tas d'analyse toutes plus intéressantes les unes que les autres sur le sujet. Un texte a particulièrement attiré mon attention. L'auteur est Hugo Beauregard-Langelier, Agroéconomiste et M.A. en développement international et rural et le titre: Organisation mondiale du commerce - Un échec souhaitable

"Dans le cas bien spécifique de l'agriculture, on ne cesse d'entendre l'interminable même «cassette» sur les bienfaits du libre marché et son inévitabilité"

"En relisant les textes des principaux défenseurs de ce discours et leur position vis-à-vis des plus récentes propositions, quatre éléments centraux reviennent constamment."

"Dans un premier temps, on fait miroiter aux gens l'idée qu'il y a consensus parmi les économiste."

"Dans un deuxième temps, on tente de nous convaincre que le libre marché est le seul à pouvoir créer et répartir convenablement la richesse."

"Troisièmement, le système de gestion de l'offre dans les secteurs du lait, de la volaille et des oeufs est diabolisé."

"Et en dernier lieu, la libéralisation du commerce en agriculture est le point de salut pour tous ces «petits agriculteurs» pauvres et fragiles."

"La crise alimentaire et l'échec des négociations devraient être des signaux d'alarme pour comprendre que la libéralisation des dernières années n'a pas apporté les résultats attendus. Il est temps pour les instances internationales de revoir la stratégie commerciale en agriculture pour une meilleure création et redistribution de la richesse avantageuse économiquement mais également politiquement et socialement pour les consommateurs, les agriculteurs, les gouvernements et l'industrie. Un système permettant aux pays de produire et de protéger certaines denrées alimentaires de base sans les exporter sur le marché mondial, tout en pouvant exporter d'autres productions ne bénéficiant d'aucune subvention, s'avérerait une approche beaucoup plus équilibrée et réaliste pour en venir à un accord international."

Le Parti Québécois devrait lancer un vaste débat de société, en partenariat avec les intervenants agro-alimentaires, sur une nouvelle vision du commerce international alimentaire. Ce serait une bonne manière de nous démarquer du Canada et de démontrer à la population comment un petit pays comme le Québec pourrait contribuer à solutionner des problèmes mondiaux en partageant ses façons de faire.